My name is Orson Welles : l’exposition événement à la Cinémathèque Française
Le 8 octobre 2025, la Cinémathèque française dévoile My Name is Orson Welles, une exposition ambitieuse et immersive, annoncée comme « la plus exhaustive jamais organisée à ce jour » autour de l’œuvre et de la personne de Welles.
À travers plus de 400 objets, documents et archives, le parcours nous propose une immersion intime et fascinante dans la trajectoire d’un créateur qui ne suivait pas les sentiers balisés.

Une odyssée dans le labyrinthe d’un génie
Dès l’entrée, nous sommes invités à pénétrer dans l’intimité d’un homme aux multiples facettes. La scénographie joue sur la superposition du théâtre, de la radio et du cinéma et nous rappelle que Welles débuta au théâtre et dans la radio (via le Mercury Theatre), avant d’imposer sa présence dans l’arène cinématographique. L’adaptation radiophonique de La Guerre des mondes (1938) y figure comme un moment fondateur de sa capacité à perturber l’imaginaire collectif et nous écoutons le récit de cette fausse invasion extraterrestre alors qu’on nous rappelle qu’une grande partie des 6 millions d’auditeurs devant leur poste de radio ce jour-là ont été pris de panique.
Bien sûr, Citizen Kane occupe une place centrale dans l’exposition. Des murs entiers lui sont dédiés, avec études visuelles, notes de scénario, correspondances avec les producteurs alors que le portrait de Kane sert aussi de point d’ancrage pour interroger le mythe Welles : grande œuvre, mais aussi première grande bataille artistique.
« Ce que fait la caméra, et de manière exceptionnelle,
c’est photographier la pensée. »

Mais l’exposition ne s’arrête pas là : elle présente La Dame de Shanghai, Othello (Shakespeare est présent partout, tout le temps), Le Procès, La Soif du mal, et Falstaff parmi les jalons essentiels de sa carrière. Ainsi, aux documents visuels et manuscrits exposés sur le parcours s’ajoutent de nombreux extraits de films proposés dans des espaces clos et thématisés selon ses figures de style fétiches : plans séquences, profondeur de champs, montage éclaté…
Nous retrouvons aussi Welles en acteur et on a plaisir à écouter l’air célèbre et revoir quelques-uns des plans somptueux du film Le Troisième Homme de Carol Reed. Par ailleurs, explorer ses différentes incarnations nous montre combien il aimait se glisser dans des personnages toujours ambigus, à la fois puissants et vulnérables.

Le processus créatif d’un géant aux pieds d’argile
Nous pénétrons également les zones d’ombre : Don Quichotte inachevé, projets interrompus, versions multiples, montages alternatifs. Ces pièces rares, souvent disloquées, racontent mieux que n’importe quelle œuvre achevée les défis permanents que Welles affrontait — artistiques, financiers, personnels.
Enfin, le circuit révèle les autres dimensions de Welles : ses dessins, ses écrits, ses performances radiophoniques ou télévisuelles, ses expériences formelles dans Vérités et Mensonges (F for Fake), ses sculptures même ! On comprend que son ambition était de dépasser les frontières, de manier les supports comme un artiste total.
Un des atouts majeurs de cette rétrospective est de restituer le processus de création. Nous ne voyons pas seulement les œuvres achevées, mais les esquisses, les hésitations, les pistes abandonnées. Le public devient complice du laboratoire mental de Welles.
Welles apparaît comme un homme qui trébuche, lutte et invente. Ses errances, ses conflits avec les producteurs, ses choix maladroits aussi, sont montrés, avec délicatesse, comme parties intégrantes d’un parcours que la légende tend à lisser.

Courez à la Cinémathèque !
My Name is Orson Welles n’est pas une biographie figée, mais une déambulation dans les couloirs d’un esprit en ébullition. Elle nous rappelle combien le cinéma est une aventure risquée, faite d’audaces et de doutes. Accessible aussi bien aux néophytes qu’aux passionnés, elle donne envie de revoir Citizen Kane, La Dame de Shanghai, Le Procès, La Soif du mal, Falstaff, Dossier secret, Vérités et Mensonges et d’y retrouver l’homme derrière le mythe sur lequel Jean-Luc Godard avait écrit : “Tous les cinéastes, toujours, lui devront tout.”

Informations pratiques
Dates : Du 8 octobre 2025 au 11 janvier 2026
Lieu : Cinémathèque française, 51 rue de Bercy, 75012 Paris
Horaires : de 12h à 19h et de 11h à 20h le week-end et en période de vacances scolaires. Fermé le mardi.
Tarifs : Plein tarif : 14 € ; Tarif réduit et 18-25 ans : 11 € ; Moins de 18 ans : 7 €
Pour plus d’informations, consultez le site officiel de la Cinémathèque : My Name is Orson Welles



