Audrey Hepburn

Audrey Hepburn à Paris : sur les traces de ses films iconiques

Audrey Hepburn a incarné, mieux que quiconque, l’élégance et la légèreté d’un certain Paris idéalisé par le cinéma. Dans ses films tournés entre les années 1950 et 1960, la capitale devient un personnage à part entière : décor de romance, d’aventures et de comédies raffinées. Redécouvrons les lieux emblématiques où l’actrice a tourné et où son image continue de hanter les pavés.

Audrey Hepburn sur les quais de Seine à Paris pour le film Funny Faces (Drôles de Frimousses)
Audrey Hepburn sur les quais de Seine à Paris pour le film Funny Face (Drôle de Frimousse)

Sabrina (1954) – Paris en studio et en rêve

Premier contact d’Audrey Hepburn avec Paris à l’écran, Sabrina de Billy Wilder mêle mythe et réalité. Le film, tourné principalement à Hollywood, recrée un Paris fantasmé : les fenêtres des studios laissent entrevoir la Tour Eiffel, tandis que Sabrina, fille de chauffeur, part se former à la cuisine française et s’y transforme en jeune femme distinguée. 

Pour l’occasion, l’actrice débutante a convaincu Billy Wilder de compléter les costumes créés par Edith Head avec les tenues d’un jeune créateur dont elle aimait le style : Hubert de Givenchy n’est pas bien plus âgé qu’elle et, du haut de ses 26 ans, vient de créer sa propre maison de couture. Leur rencontre à Paris peu avant le tournage marque le début d’une longue amitié et collaboration qui marque durablement l’histoire de la mode et du cinéma. Ensemble, ils définissent l’esthétique d’une nouvelle élégance – dépouillée, fluide et intemporelle. 

Le projet suivant permet à l’actrice de promener son charme dans les rues d’une capitale qui, une fois encore, se veut le lieu de toutes les métamorphoses.

Audrey Hepburn dans Sabrina
Audrey Hepburn dans Sabrina

Drôle de frimousse (1957) – Paris en scène

Sous la direction du chorégraphe Stanley Donen, Funny Face transforme Paris en comédie musicale à ciel ouvert. Hepburn, libraire new-yorkaise devenue mannequin, découvre la capitale en compagnie de Fred Astaire. La caméra s’attarde sur les lieux les plus emblématiques : les Champs-Elysées, la place Vendôme, Montmartre et surtout la Tour Eiffel, théâtre d’une séquence musicale d’anthologie où les personnages chantent Bonjour Paris! avec euphorie.

Le film se tourne également à l’Opéra Garnier, chef-d’œuvre du Second Empire conçu par Charles Garnier en 1861. L’actrice l’a fréquenté pendant plusieurs semaines avant le tournage. En effet, très anxieuse à l’idée de réaliser des pas de deux avec l’un des plus grands danseurs de l’histoire du cinéma, celle qui rêvait adolescente d’être Étoile, a tenu à reprendre des cours avec Lucien Legrand, professeur de danse à l’Opéra de Paris. 

À l’écran, ses escaliers monumentaux deviennent un podium improvisé pour sa silhouette habillée de Givenchy tout comme les escaliers du Louvre où elle mime la Victoire de Samothrace.

Audrey Hepburn et Fred Astaire sur le tournage du film Funny Faces (Drôles de Frimousses)
Audrey Hepburn et Fred Astaire sur le tournage du film Funny Face (Drôle de Frimousse)

Ariane (1957) – Le romantisme façon palace

Tourné quelques semaines plus tard, Ariane marque la seconde collaboration entre Audrey Hepburn et Billy Wilder. L’histoire s’ouvre sur la place Vendôme où Maurice Chevalier, détective privé, observe depuis la colonne centrale les allées et venues du Ritz. C’est dans ce palace que l’actrice, qui joue sa fille, rencontre Gary Cooper, dont elle va tomber amoureuse.

C’est sa seconde collaboration avec Billy Wilder qui n’envisage le projet qu’en ayant eu la garantie de la présence de l’actrice. En effet, le titre original Love in the afternoon souligne le caractère subversif du scénario, hommage à Ernst Lubitsch, et pour Wilder, seule Hepburn saura y apporter le romantisme, la fraîcheur et la malice nécessaires à notre adhésion. 

Le décor luxueux de l’hôtel de 1898 devient le symbole du Paris romantique et sophistiqué. Cette image du palace restera associée à Hepburn et sera utilisée dans plusieurs films. La façade de l’hôtel était déjà apparu dans Drôle de Frimousse puis l’hôtel réapparaît dans Comment voler un million de dollars de William Wyler.

Audrey Hepburn et Gary Cooper dans le film Arianne (Love in the afternoon)
Audrey Hepburn et Gary Cooper dans le film Arianne (Love in the afternoon)

Charade (1963) – Entre suspense et élégances

Avec Charade, Stanley Donen retrouve son actrice fétiche dans une comédie policière au charme inimitable. Cary Grant et Audrey Hepburn y arpentent les allées du jardin des Champs-Élysées, celles du jardin du Palais-Royal et les bords de Seine. 

L’actrice y joue le rôle d’une jeune veuve dont le défunt mari aurait volé pendant la guerre 250 000 dollars avec la complicité de truands, qui aujourd’hui la recherchent pour mettre la main sur le magot. Seul un séduisant compatriote à l’identité douteuse (Cary Grant) accepte de lui venir en aide. C’est Hepburn qui choisit Cary Grant pour le film et c’est la seule et unique fois qu’ils tourneront ensemble. Sollicité par Wilder pour Sabrina (remplacé par Bogart) et Ariane (remplacé par Gary Cooper), il cède à Stanley Donen à condition de ne pas jouer les vieux beaux.

Le marché aux timbres du Carré Marigny sert de décor à la résolution de l’intrigue et offre un clin d’œil au Paris populaire et à ses collectionneurs. Quant au métro de la ligne 1, il offre un véritable terrain de jeu dans une ville où règnent suspense et faux-semblants.

Audrey Hepburn et Cary Grant sur le tournage du film Charade à Paris
Audrey Hepburn et Cary Grant sur le tournage du film Charade à Paris

Deux têtes folles (1964) – Le Paris des scénaristes et des feux d’artifice

L’année suivante, Hepburn retrouve William Holden dans Paris When It Sizzles, comédie méta-cinématographique où un scénariste et sa dactylo imaginent plusieurs histoires dans les rues de la capitale.

Le film bénéficie en outre de la complicité entre les deux acteurs qui se retrouvaient alors dix ans après le tournage du film Sabrina au cours duquel ils avaient vécu une histoire dont Holden, grand alcoolique, ne semblait pas s’être remis : « Je me souviens du jour où je suis arrivé à l’aéroport d’Orly pour Deux Têtes folles. J’entendais mes pas résonner contre les murs du couloir de transit, tout comme un condamné parcourant le dernier kilomètre. J’ai réalisé que je devais faire face à Audrey et que je devais régler ma consommation d’alcool. Et je ne pensais pas pouvoir gérer l’une ou l’autre de ces situations. » 

Le tournage fut difficile et la réception médiocre. Toutefois, le film reste un hommage amusé au cinéma et à la ville qui l’inspire. La caméra explore la place Dauphine, le bois de Boulogne et surtout le Trocadéro avec une dernière scène, illuminée par les feux d’artifice du 14 juillet, qui offre à la Tour Eiffel et nos héros leur plus bel écrin. 

Humour, romantisme, et encore une fois un Paris carte postale tant aimé.

Audrey Hepburn et William Holden dans le film Deux Têtes Folles
Audrey Hepburn et William Holden dans le film Deux Têtes Folles

Comment voler un million de dollars (1966) – Place Vendôme et Maxim’s

Avec How to Steal a Million de William Wyler, Hepburn retrouve le ton de la comédie raffinée et les décors majestueux de Paris. Elle incarne la fille d’un faussaire et partage la vedette avec Peter O’Toole. Le film s’ouvre à nouveau place Vendôme, avant de se prolonger dans les salons du Ritz et le célèbre restaurant Maxim’s, fondé en 1893 et décoré dans le style Art nouveau par l’école de Nancy. Établissement emblématique du Paris élégant, le lieu accueillera une nouvelle scène de dîner avec Audrey Hepburn pour le film Liés par le sang (1979), où elle partage l’affiche avec Romy Schneider et Omar Sharif.

C’est aussi dans Comment voler un million de dollars qu’Audrey porte l’une de ses robes les plus célèbres, un chef-d’œuvre de Givenchy en dentelle noire, resté dans l’histoire du costume de cinéma.

D’ailleurs, à l’époque, la réputation de la collaboration entre le couturier et sa muse est telle que pour une scène où Hepburn essaie de vieux vêtements mal ajustés afin de se faire passer pour une femme de ménage, William Wyler fait dire à O’Toole : “Et bien, au moins, cela permettra à Givenchy de s’offrir une nuit de repos ! « 

Audrey Hepburn et sa robe Givenchy dans le film Comment Voler un million de dollars
Audrey Hepburn et sa robe Givenchy dans le film Comment Voler un million de dollars

Une icône éternelle

Du pont de l’Alma à la place Vendôme, du jardin des Champs-Élysées au Trocadéro, Audrey Hepburn a promené sa silhouette dans les lieux les plus emblématiques du patrimoine parisien. Ses films, souvent tournés en décors réels, témoignent de l’amour qu’Hollywood portait alors à la capitale française, symbole d’art, de liberté et de style.

En un peu plus d’une décennie, l’actrice, par son jeu très enlevé, la grâce de ses gestes, son  amour de l’art et son alliance magique avec Givenchy, nous a offert une vision poétique et universelle : celle d’un Paris culturel et romantique, lumineux et intemporel.

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