Le Studio 28 : un cinéma incontournable

Dernière mise à jour : 7 déc. 2021

Découvrez l'histoire étonnante du dernier cinéma de Montmartre.


Première salle de cinéma d’avant-garde, le Studio 28 est inauguré en 1928. De Jean-Placide Mauclaire aux frères Roulleau en passant par Édouard Gross, ce cinéma atypique est passé de mains en mains, perpétuant sa réputation de cinéma incontournable des cinéphiles.


« La salle des chefs d’œuvre et le chef d’œuvre des salles. » Jean Cocteau à propos du Studio 28



Situé au cœur de Montmartre, le Studio 28 est à la fois un cinéma de quartier et un lieu de rencontre où se côtoyaient par exemple Abel Gance et Jean Cocteau, qui devinrent tous deux parrains de la salle en 1950. Premier cinéma de France à proposer une carte de fidélité en 1959, il est également toujours à la pointe de la technologie. En effet, ce cinéma est en 2011 la première salle publique parisienne à s’équiper d’un projecteur cinéma numérique 4K.



Une séance turbulente

Le 28 novembre 1930 est projeté pour la première fois L’âge d’or réalisé par Luis Buñuel. Des militants d’extrême droite perturbèrent la séance, qui prit fin dans les sifflets et les bagarres. Exposées dans le Studio 28, des toiles de Salvador Dali, Max Ernst ou encore Yves Tanguy ont été endommagées. La Commission de censure cinématographique examina donc de nouveau le film et en interdit la projection. Par la suite, Louis Aragon et Paul Éluard rédigèrent un tract à ce propos qui fut signé par 16 membres du groupe des surréalistes.


Galerie photos : Affiche de L'Âge d'or - Feuillet avec les photographies du saccage de l'exposition du Studio 28. - Via andrebreton.fr ; Photographie du Studio 28 en 1930 suite à la mise à sac. - Photographe non identifié - via andrebreton.fr ; Panneau sur le saccage au Studio 28.



Le mécène et producteur du film, le vicomte de Noailles, aurait, selon une rumeur lancée par le journal Aux Écoutes, été excommunié suite à ce film. Le vicomte n’en parla jamais publiquement, mais la revue 1895 révèle qu’il s’adressa toutefois à l’Archevêque de Paris pour avoir en avoir confirmation. Si cette rumeur était effectivement infondée, cela n’a pas empêché Buñuel et les surréalistes d’entretenir la légende en l’utilisant pour démontrer l’intolérance de l’Église.



« Parfois, Le vendredi soir, Amélie va au cinéma »


Le 11 juin 2000, Jean-Pierre Jeunet tourne Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain au Studio 28. Clin d’œil discret à la cinéphilie et à l’amour des salles de quartier, c’est là qu’Amélie se retourne discrètement dans le noir pour regarder les visages des autres spectateurs…



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